Un peu de bienveillance, de douceur et de tendresse en cas de dureté apparente

Pendant la méditation de pleine conscience, un recul s’opère par rapport aux pensées et aux sensations. Nous ne les personnalisons plus. Ces phénomènes sont désinvestis, vidés de leur énergie toute personnelle. Nous pouvons les laisser être telles qu’ils sont et libres de changer avec plus de fluidité. C’est un regard clair, clinique, « froid », réfrigérant des émotions qui donne une distance libératrice et sage.

Mais lorsque ces pensées et ces sensations sont très douloureuses, elles peuvent nous apparaitre bien agrippantes ou solides. Pour continuer à être avec la douleur dans notre méditation, il faut une certaine bonne volonté. Il faut bien vouloir être en contact avec la douleur physique ou émotionnelle. Ce « bien vouloir » ressentir, c’est la bien-veillance (du latin « bene volens » qui a aussi donné la bénévolence). Plus nous demeurons dans l’observation silencieuse sans attente et complètement connectés à l’expérience, plus il peut apparaître naturellement une bienveillance ou une compassion (du latin « cum patior« , qui souffre avec). C’est un regard chaleureux qui va vers l’émotion, qui rentre en contact pleinement avec ce qui est ressenti, qui épouse la réalité telle qu’est est.

Dans le contexte de la pleine conscience, la bienveillance ou la tendresse n’est pas seulement une émotion vis-à-vis des autres mais également à l’égard de notre corps ou de notre mental. Se mettre à écouter le corps avec bienveillance permet ainsi de rentrer en résonance avec le corps plus facilement et d’accueillir les sensations comme elles viennent, qu’elles soient agréables ou désagréables.  Se développe alors une écoute profonde des sensations brutes qui forment ce qui est appelé le « corps ». Nous redécouvrons notre corps avec le regard neuf et frais de la pleine conscience.

La bienveillance ou l’amour est une émotion tendre face à la dureté et à la solidité des sensations que l’on peut rencontrer. Cette douceur infinie d’attention, ce regard attentionné spontané modifie l’expérience sans qu’on le veuille, presque par osmose. Elle permet d’accueillir la difficulté, d’accepter sa présence et Vivre pleinement avec plus de légèreté.

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