Pourquoi est-il important de faire des stages ou retraites de méditation pour apprendre à méditer ?

Ceux qui ont fait des retraites de méditation vous le diront : ce sont parfois des expériences fortes. Il y a un avant et un après. Une réelle compréhension du potentiel de la méditation apparait, alors qu’avant, elle n’était qu’un outil pour se détendre ou se calmer temporairement. Il est tout à fait possible d’apprendre à méditer par des courtes séances chez soi. Mais parfois l’effet de ces séances ne va pas assez loin. Il n’est pas assez profond et durable.

Les termes de « stages de méditation » et « retraites de méditation » peuvent se recouper.

  • Un stage de méditation est fait de séances et le reste du temps est libre. Un stage « résidentiel » se déroule dans un lieu où tous les participants dorment et mangent. Un stage n’est pas forcément résidentiel. C’est le cas du MBSR qui est notamment constitué par un ensemble de séances de 2h30 à 3h toutes les semaines.
  • Une retraite de méditation est un moment où l’on se retire de notre environnement quotidien pour pratiquer la méditation. Elle est souvent plus en silence et continue. Il existe également des retraites spirituelles sans méditation par exemple lorsque l’on réfléchit ou prie. Une retraite de méditation de pleine conscience permet de sortir de nos habitudes et de s’ouvrir à la réalité présente de façon plus profonde que des séances fragmentées. Elle fait souvent apparaitre des compréhensions ou insights sur la vie, le fonctionnement de l’esprit ou sur nos habitudes. Notre façon de voir, ressentir et agir peut s’en trouver modifiée et nous conduire à plus de sagesse.

Dans les deux cas, l’apprentissage est d’autant plus rapide que vous allez méditer, comme l’indiquent les proverbes « C’est en forgeant que l’on devient forgeron » ou « Practice makes perfect ». Le cerveau va changer plus rapidement si la répétition de certains gestes attentionnels (comme lâcher une pensée) est plus fréquente.

Il est aussi plus facile de méditer dans un contexte dédié avec le soutien des autres et de l’enseignant compétent. Nous sortons d’automatismes entretenus pas notre environnement habituel. Comme il n’y a rien à faire d’autres, les distractions ne sont pas des obstacles à la pratique.

Si la retraite est en silence, cela laisse également plus de place à la découverte d’une attention et d’une conscience non conceptuelles. La perspective sur la vie qui en résulte est souvent plus profonde.

Le méditant gagne en autonomie et ce qui est présent le guide naturellement dans l’évolution de sa méditation. Les « méditations guidées » peuvent paraitre alors inutiles et gênantes car elles biaisent ou entravent la stabilité du regard, l’entraînement d’une attention naturellement non-distraite par la plus grande conscience du mouvement de l’esprit.

Pour découvrir ou se remettre à méditer, une retraite de méditation donne généralement un élan qui permet de méditer sans effort, parce que de bonnes habitudes ont été prises pendant la retraite. Ainsi, il n’est pas rare de se mettre à méditer tous les matins.

Si vous avez du mal à méditer chez vous ou si vous vous ennuyez pendant la méditation, peut-être n’avez-vous encore jamais fait de retraites de méditation. Essayez donc ! Il y a de fortes chances que vous ne vous ennuierez plus car votre regard intérieur aura acquis plus de discernement, sera plus pénétrant et curieux.

Malgré toutes ces bonnes raisons pour faire une retraite de méditation, certaines personnes ne sentent pas prêtes car cela leur paraît trop dur. Souvent ces pensées limitantes n’ont pas de réel fondement car elles n’ont justement jamais essayé !

Certaines personnes pensent que méditer veut dire ne pas bouger pendant toute une journée. Or, la méditation se fait aussi en marchant et dans les mouvements. L’alternance de l’assise et de la marche est d’ailleurs la règle dans les retraites de méditation de pleine conscience ou vipassana (dans la méthode Mahasi par exemple).

Plus généralement, les conclusions que l’on a tirées sur d’autres contextes ne s’appliquent pas forcément à ce contexte bien particulier d’une retraite. L’élan d’une pratique continue et non-distraite brûle tous les obstacles et facilite un apprentissage beaucoup plus rapide. Notre corps, notre état attentionnel, émotionnel et notre perception changent sous l’effet de cette conscience non conceptuelle et non réactive. Alors, n’hésitez plus : faites des retraites au moins une fois par an pour entretenir votre santé mentale, votre santé physique et cultiver la sagesse.

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