Comprendre la phobie sociale

De nombreux thérapeutes, y compris TCC, se sentent désarmés face à la phobie sociale (voir les critères diagnostiques ci-dessous). Difficile en effet de contrôler une exposition à une situation sociale ! Mais ce sentiment d’impuissance est renforcé par le fait que les mécanismes de la phobie sociale sont peu compris. Il faut dire que c’est un trouble souvent peu étudié dans les formations de psychothérapeutes quand il est même reconnu en tant que tel. Beaucoup de thérapeutes voient cela tout de suite comme un traumatisme et partent exclusivement sur des hypothèses de traitement de traumas.

Or, il existe des modèles de compréhension de la phobie sociale axés sur des mécanismes présents auto-renforçateurs du trouble. Travailler sur ces mécanismes qui ont lieu dans le présent est important. L’un de ces modèles est celui d’Hofmann et d’Otto (HOFMANN, Stefan G. et OTTO, Michael W. Cognitive Behavioral Therapy for Social Anxiety Disorder: Evidence-Based and Disorder Specific Treatment Techniques. Routledge, 2008). Voici une représentation graphique du modèle dans leur livre de 2008 que j’ai traduit ci-dessous.

Critères diagnostiques de la phobie sociale (DSM-5) :

  1. Peur ou anxiété marquée d’une ou de plusieurs situations sociales dans lesquelles la personne est exposée à l’observation possible d’autres personnes. Des exemples incluent les interactions sociales (p. ex., avoir une conversation, rencontrer des personnes inconnues), être observé (p. ex., manger ou boire) et exécuter une performance devant des gens (p. ex., prononcer un discours).Note : chez les enfants, l’anxiété doit se produire dans un contexte de pairs et pas seulement pendant les interactions avec les adultes.
  2. La personne craint d’agir d’une manière ou de présenter des symptômes d’anxiété qui seront évalués négativement (c’est-à-dire seront humiliants ou embarrassants : mèneront au rejet ou offenseront les autres).
  3. Les situations sociales provoquent presque toujours la peur ou l’anxiété.Note : chez les enfants, la peur ou l’anxiété peut s’exprimer par des pleurs, des crises de colère, le fait de demeurer figé, de s’accrocher ou d’être incapable de parler dans des situations sociales.
  4. Les situations sociales sont évitées ou endurées avec une peur ou une anxiété intense.
  5. La peur ou l’anxiété est disproportionnée par rapport à la menace réelle posée par la situation sociale et au contexte socioculturel.
  6. La peur, l’anxiété ou l’évitement sont persistants, durant généralement 6 mois ou plus.
  7. La peur, l’anxiété ou l’évitement cause une détresse cliniquement significative ou une perturbation cliniquement significative du fonctionnement dans les domaines sociaux et professionnels ou d’autres domaines importants.
  8. La peur, l’anxiété ou l’évitement n’est pas attribuable aux effets physiologiques d’une substance (p. ex. une drogue ou un médicament) ou d’une autre affection médicale.
  9. La peur, l’anxiété ou l’évitement ne s’explique pas mieux par les symptômes d’un autre trouble mental, comme le trouble panique, la dysmorphophobie ou un troubles du spectre de l’autisme.
  10. Si une autre affection médicale (p. ex. maladie de Parkinson, obésité, défigurement ou blessure) est présente, la peur, l’anxiété ou l’évitement est clairement sans rapport ou est excessif.

Pour aller plus loin,

leur livre a fait l’objet d’une nouvelle publication en 2017 : HOFMANN, Stefan G. et OTTO, Michael W. Cognitive Behavioral Therapy for Social Anxiety Disorder: Evidence-Based and Disorder Specific Treatment Techniques. Routledge, 2017.

le livre de 2008

et celui de 2017. « Cognitive Behavioral Therapy (CBT) has proven to be the most effective form of treatment for social anxiety disorder. This revision of a highly regarded treatment manual presents an original treatment approach that includes specifically designed interventions to strengthen the relevant CBT strategies. This extensively revised volume builds upon empirical research to address the psychopathology and heterogeneity of social anxiety disorder, creating a series of specific interventions with numerous case examples and four new chapters on working with patients on medication, cultural factors, individual therapy, and monitoring on-track outcomes. »

 

 

 

 

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